Stratégie vidéo pour les réseaux sociaux
Video Insights

Les réseaux sociaux sont devenus incontournables pour la communication des entreprises. Mais entre Instagram, LinkedIn, TikTok, les différents formats et les tendances qui changent constamment, il n’est pas toujours facile de savoir sur quoi se concentrer.
– Faut-il investir dans des vidéos professionnelles ou privilégier des contenus plus spontanés, filmés au téléphone ?
– Est-ce que les likes sont vraiment importants ?
– Et surtout, comment trouver des idées de contenu quand on pense ne rien avoir à raconter ?

Pour cet épisode de Video Insights, j’ai échangé avec Ingrid Rosiau, social media manager spécialisée notamment dans les univers de l’architecture, du design et de l’artisanat.

Nous avons parlé de stratégie sur les réseaux sociaux, de storytelling, de création vidéo, des tendances actuelles et de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

1. Les réseaux sociaux, ce n'est pas juste poster

Une des premières choses que nous avons abordées est la différence entre obtenir des résultats immédiats et construire une image de marque sur le long terme.

Avec la publicité payante, une entreprise peut cibler une audience précise et chercher à générer directement des ventes. Mais le contenu organique a aussi un rôle important : faire connaître la marque, montrer son univers et créer une relation avec son audience.

Comme l’explique Ingrid : « Ce qu’il faut créer sur les réseaux sociaux, c’est aussi un univers. Et ça, ça prend du temps. »
Elle donne l’exemple d’une marque de luminaires haut de gamme. Même si les produits sont excellents, difficile de vendre une lampe à plus de 1 000 € à quelqu’un qui ne connaît pas encore l’entreprise. Il faut d’abord que les gens découvrent la marque, comprennent son univers et commencent à lui faire confiance.

Les réseaux sociaux ne servent donc pas uniquement à vendre immédiatement, mais aussi à préparer de futures ventes.

Au-delà des likes

Aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent de mesurer presque tout : vues, likes, partages, nouveaux abonnés, clics vers un site ou encore conversions. Mais quelles sont les données les plus intéressantes ?

Ingrid raconte qu’un de ses clients s’interrogeait sur le faible nombre de likes d’une publication, alors que celle-ci avait été vue par 15 000 personnes.
Pour elle, il faut regarder plus loin :
« Ce que je trouve important, c’est au-delà des likes, le nombre d’enregistrements, le nombre de partages et surtout le nombre de followers. »

Bien sûr, tout dépend des objectifs. Une vidéo destinée à faire découvrir une marque ne sera pas évaluée de la même manière qu’une campagne visant à générer des ventes.
L’important est donc de définir ce que l’on cherche à obtenir avant de juger les résultats.

2. Toutes les entreprises ont quelque chose à raconter

J’ai posé à Ingrid une question assez simple :
que répondre aux entreprises qui disent ne rien avoir à raconter sur les réseaux sociaux ?

Sa réponse :
« Si, bien sûr que tu as des choses à raconter. C’est juste que tu sais pas quoi dire. »

Elle prend l’exemple d’un menuisier qui pourrait dire : « J’ai rien à raconter, je fais du bois. »
Mais justement, d’où vient ce bois ? Quelles essences utilise-t-il ?
Comment choisit-il ses matériaux ? Quelles techniques emploie-t-il ?

Il y a déjà beaucoup de sujets possibles.
Ce qui semble complètement normal pour quelqu’un qui exerce le même métier tous les jours peut être passionnant pour une personne extérieure.

C’est aussi là qu’intervient le travail d’un social media manager : poser les bonnes questions et trouver les histoires qui méritent d’être partagées.

Montrer les personnes et le savoir-faire

Les réseaux sociaux permettent de communiquer bien au-delà du produit final.
On peut montrer les étapes de fabrication, présenter les personnes derrière une entreprise, expliquer des choix créatifs ou simplement partager un peu du quotidien.

Ingrid résume bien cette idée :
« Au-delà de ton produit, en fait, qui est derrière ? Qu’est-ce que tu as à dire ? Qu’est-ce que tu transmets et quelles sont tes valeurs ? »

Elle évoque notamment les marques de luxe qui ne montrent pas uniquement leurs produits, mais aussi le travail artisanal et les personnes qui participent à leur création.
C’est souvent ce genre de contenu qui permet de donner une identité à une marque et de la rendre plus intéressante à suivre.

3. Qu'est-ce qui fait une bonne vidéo sur les réseaux sociaux ?

Quand je lui ai demandé ce qui faisait une vidéo efficace sur les réseaux sociaux, Ingrid a commencé par une réponse assez claire :
« Je crois qu’il n’y a pas de vraie recette. »

Les plateformes évoluent constamment, tout comme les formats et les habitudes des utilisateurs.
Une vidéo courte, un carrousel ou une interview plus longue peuvent tous fonctionner, mais pas forcément auprès de la même audience ni avec les mêmes objectifs.
Ingrid recommande donc de varier les formats et de trouver le bon équilibre pour chaque marque.

Les premières secondes sont essentielles

Pour les vidéos courtes, l’accroche joue évidemment un rôle important.
Ingrid explique qu’elle conseille même à sa collaboratrice de placer l’accroche dans les deux premières secondes d’une vidéo.

Avec la vitesse à laquelle les utilisateurs font défiler leur fil d’actualité, il faut rapidement donner une raison de continuer à regarder.
Les sous-titres, un bon début et un montage adapté au format peuvent aider.

Mais Ingrid remarque aussi que les tendances changent. Alors que les vidéos verticales ont largement dominé ces dernières années, elle observe un retour de certains contenus horizontaux, avec une esthétique plus cinématographique.
Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner la vidéo verticale. Simplement qu’il est intéressant de tester différents formats plutôt que de suivre une seule formule.

Faut-il suivre toutes les tendances ?

Ingrid explique qu’elle suit les nouvelles tendances avec attention, mais qu’elle conseille à ses clients de ne pas les adopter automatiquement.

« Est-ce que ça appartient à ton univers ? Est-ce que ça a du sens que tu la fasses ? »

Un format humoristique peut très bien fonctionner pour certaines marques, mais être complètement décalé pour une entreprise d’architecture ou de rénovation de luxe.

Suivre une tendance uniquement parce qu’elle fonctionne ailleurs peut même devenir contre-productif.
Il vaut donc mieux se demander si le contenu correspond à l’image de l’entreprise et s’il apporte réellement quelque chose à son audience.

4. Vidéos au smartphone ou production professionnelle ?

Aujourd’hui, de nombreuses marques créent du contenu “brut”, filmé avec un téléphone. Les images sont ainsi plus spontanées, moins travaillées, et c’est justement ce qui peut les rendre intéressantes.
Mais faut-il pour autant abandonner les productions professionnelles ?

Pour Ingrid, les deux sont complémentaires :
« Je pense qu’on a besoin, en tout cas sur les réseaux, on a besoin des deux. »

Les vidéos au téléphone peuvent très bien fonctionner pour des stories, des coulisses ou des moments du quotidien.
En revanche, lorsqu’une marque souhaite présenter la qualité de son travail, notamment dans le design ou l’artisanat, une production plus soignée peut faire une vraie différence.
Ingrid donne un exemple assez parlant :
« Tu es Dior, mais tu vas avoir un rendu Lidl. »

L’idée est simple : si une entreprise propose des produits haut de gamme, il faut aussi que ses images puissent refléter cette qualité.
Cela ne signifie pas que chaque publication doit être filmée avec une caméra professionnelle, un éclairage complet et toute une équipe.
Il s’agit plutôt de choisir le bon niveau de production en fonction du message, du format et de l’image que l’on souhaite transmettre.

5. IA, authenticité et qualité plutôt que quantité

Nous avons également parlé de l’intelligence artificielle et de son influence sur la création de contenu. Ingrid utilise déjà l’IA dans son travail, notamment pour l’analyse de données et le copywriting.

Elle y voit aussi une opportunité pour les petites entreprises, qui peuvent aujourd’hui créer certains contenus avec des moyens plus limités.
Mais elle est plus réservée lorsqu’il s’agit de campagnes entièrement générées par IA.

Elle évoque notamment le travail des photographes, vidéastes et autres créatifs, et la place de l’humain dans la production.
« Je trouve qu’il y a un manque d’humanité derrière tout ça. »
Pour des entreprises qui mettent en avant un savoir-faire artisanal ou une démarche artistique, cette question est particulièrement intéressante.

L’IA générative peut être un outil très utile, mais cela ne veut pas dire qu’elle est adaptée à tous les contenus ni à toutes les marques.

Mieux vaut moins de contenu, mais de meilleure qualité

Pour terminer, j’ai demandé à Ingrid quel conseil elle donnerait aux entreprises qui souhaitent améliorer leurs vidéos sur les réseaux sociaux.
Sa réponse revient sur un point assez simple :
« Je préfère que tu fasses moins, mais mieux. »

Avec la pression de publier régulièrement, les entreprises peuvent facilement tomber dans une logique de quantité.
Mais produire davantage de vidéos ne signifie pas forcément mieux communiquer.
Un contenu bien pensé, qui raconte quelque chose d’intéressant et correspond à la marque, peut avoir plus de valeur que plusieurs publications créées uniquement pour remplir un calendrier.

C’est aussi une bonne manière de réfléchir à l’utilisation des nouveaux outils, des tendances et de l’IA :
commencer par l’idée et l’objectif, puis choisir les moyens adaptés.

Aller plus loin ?

Ce que je retiens surtout de cette conversation avec Ingrid, c’est qu’une bonne stratégie vidéo pour les réseaux sociaux ne repose pas sur une recette unique. Il faut comprendre son audience, trouver les bonnes histoires à raconter et choisir des formats qui correspondent à la marque.

Parfois, une simple vidéo filmée au téléphone sera suffisante. Dans d’autres cas, une production professionnelle permettra de mieux mettre en valeur un produit, un savoir-faire ou une histoire.
Et surtout, inutile de suivre toutes les tendances ou de publier constamment. Mieux vaut avoir quelque chose d’intéressant à partager.

Retrouvez l’interview complète avec Ingrid Rosiau, pour découvrir davantage d’exemples et de conseils sur la communication et la création de contenu pour les réseaux sociaux.

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